18 septembre 2026

Gharam Electric fait entrer le rock garage dans les rues du Levant avec « Maydani »

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Le projet libanais Gharam Electric revient avec « Maydani (Medina Blues) », un titre publié le 13 septembre 2026. Dirigé par le chanteur et multi-instrumentiste Wassim Bou Malham, le groupe confronte cette fois les motifs mélodiques du Levant à l’urgence du rock garage, à l’électronique et à une interprétation proche du rap.

« Maydani » est présenté comme un extrait de l’album Afterlove. La sortie officielle diffusée sur YouTube attribue la production à Wassim Bou Malham, tandis que SceneNoise confirme la place du morceau dans ce nouveau projet.

Une mélodie levantine plongée dans le rock garage

Le morceau s’ouvre sur une ligne vocale scandée qui renvoie aux chants populaires du Levant. Cette introduction ne reste cependant pas longtemps isolée : une séquence de synthétiseur, une batterie déterminée et des guitares fortement saturées viennent rapidement modifier son environnement.

La musique conserve ainsi une trace reconnaissable de son origine régionale sans chercher à reproduire fidèlement un répertoire traditionnel. Gharam Electric utilise plutôt cette mélodie comme un point de départ, avant de l’entraîner dans une production beaucoup plus électrique.

Un riff de guitare lourd structure une grande partie du titre. Il sert de fondation aux passages rappés et donne à l’ensemble une tension proche d’une prestation sur scène. Le refrain ouvre davantage l’espace et fait réapparaître les inflexions mélodiques levantines sous une forme amplifiée.

La présence du chant populaire, des synthétiseurs, de la batterie, des guitares et de nuances microtonales est documentée par SceneNoise. L’idée d’une tradition volontairement projetée dans le présent relève, elle, de l’analyse musicale.

« Maydani », un titre tourné vers l’espace public

Le mot arabe « maydani » peut évoquer ce qui appartient au terrain, à la rue ou à la place publique. Le sous-titre anglais « Medina Blues » renforce cette relation avec la ville et ses espaces collectifs.

Le morceau ne propose pourtant pas une description touristique de Beyrouth ou du Levant. Son énergie repose davantage sur l’affrontement de plusieurs forces : la mémoire d’une mélodie, la dureté des guitares et la manière très directe dont la voix traverse l’instrumental.

Le titre peut ainsi être entendu comme une musique d’occupation de l’espace. La voix, les percussions et le riff central cherchent constamment à avancer, sans laisser le morceau s’installer dans une contemplation paisible. Cette lecture reste éditoriale : les sources consultées ne fournissent pas d’explication définitive imposant une interprétation unique du titre.

Gharam Electric refuse de séparer héritage et modernité

Gharam Electric est né à Beyrouth autour du travail de Wassim Bou Malham. Le projet développe depuis plusieurs années un langage dans lequel la musique arabe dialogue avec le rock indépendant, la synth-pop, l’électronique et les rythmes destinés aux clubs.

Le site officiel du groupe présente plusieurs étapes de cette recherche, notamment « Ya Boy », « Love in Hijaz », « Yom Lek w Yom Alek », « Ya Haress » et « Alsana Di ».

« Maydani » adopte toutefois une matière plus rugueuse. Là où certaines productions antérieures accordaient une place importante au mouvement électronique et à la danse, le nouveau titre met les instruments de groupe au premier plan.

Cette évolution ne constitue pas un abandon des expériences précédentes. Les synthétiseurs restent présents et la construction conserve un goût pour les changements de texture. Mais la batterie et la guitare apportent une dimension plus physique, presque frontale.

Un clip entre béton et mouvement

Le clip accompagnant « Maydani » a été réalisé par Jean Nassif. Il alterne des séquences de performance tournées au milieu de structures de béton et des images monochromes montrant un danseur levantin sur un toit.

La batterie et la guitare sont filmées dans un environnement dépouillé, dominé par les surfaces froides et les lignes géométriques. La danse apporte un mouvement différent : le corps devient plus fluide que le décor et rappelle visuellement l’origine régionale des mélodies entendues dans le morceau.

Le contraste prolonge la construction musicale : d’un côté, la masse du rock et du béton ; de l’autre, le geste, la mémoire et la circulation. Les lieux, la réalisation de Jean Nassif et l’opposition visuelle entre performance et danse sont confirmés par les sources disponibles ; leur signification reste une interprétation éditoriale.

Une scène libanaise qui décloisonne les genres

La musique alternative libanaise possède une longue histoire de rencontres entre rock, électronique, chanson arabe et expériences sonores indépendantes. Gharam Electric s’inscrit dans cette continuité, mais cherche à construire sa propre combinaison.

« Maydani » ne se contente pas d’ajouter un élément régional à une production rock. Le caractère levantin du morceau se retrouve dans la voix, dans certaines inflexions de guitare et dans la manière dont le refrain est construit.

À l’inverse, les guitares garage et les passages rappés empêchent la chanson d’être réduite à une relecture patrimoniale. Avec ce morceau, Gharam Electric montre que l’identité musicale levantine peut se transmettre sans être figée. « Maydani » trouve précisément sa force dans cette tension : la chanson regarde vers la mémoire régionale tout en gardant les deux pieds dans le bruit de la ville contemporaine.

Clip officiel

Visuel : Gharam Electric – « Maydani (Medina Blues) », 2026. Clip réalisé par Jean Nassif.

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