17 octobre 2026

Avec « Aalhela », Mohammed Assaf fait danser le folklore arabe au présent

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Le folklore n’est jamais tout à fait immobile. Il voyage entre les générations, change d’arrangements et retrouve parfois une place inattendue dans la pop contemporaine. Avec « Aalhela / عالهيلا », paru le 1er octobre 2026, Mohammed Assaf choisit précisément cette voie : conserver l’élan collectif d’un chant populaire tout en lui donnant le format direct d’un single radiophonique.

Publié par Platinum Records, le morceau dure environ trois minutes. Apple Music le classe dans la pop arabe et confirme sa date de sortie ainsi que son label.

Le chanteur palestinien y retrouve un territoire qui lui correspond naturellement. Sa voix ample, capable de porter aussi bien la chanson sentimentale que les grands refrains collectifs, s’inscrit ici dans une ambiance de fête dominée par le mouvement, les percussions et l’esprit de la dabké.

Une formule populaire associée à la fête

Le titre vient de l’expression « aal-heila, el-heila », présente dans d’anciennes acclamations populaires arabes. Elle est traditionnellement associée aux célébrations, aux chants collectifs et aux danses où le public répond à l’interprète.

La chanson n’est toutefois pas présentée comme la reproduction exacte d’un morceau traditionnel identifié. Les paroles sont nouvelles : elles ont été écrites par Ahmed Issam, sur une composition de Shab Samer. La réalisation musicale, le mixage et le mastering sont signés Fadi Jiji.

Le texte célèbre la beauté d’une femme arabe à travers des images familières : le khôl, le cheval, la cardamome, la lune ou encore la mer. Ces références donnent à la chanson une couleur patrimoniale, tandis que l’emploi d’un arabe accessible lui permet de circuler au-delà d’un seul dialecte.

Une voix conçue pour les refrains collectifs

Mohammed Assaf ne cherche pas à alourdir « Aalhela » par une démonstration vocale permanente. Il privilégie une interprétation immédiatement lisible, capable de conduire le morceau sans ralentir sa pulsation.

Sa voix reste cependant le centre de gravité de l’enregistrement. Elle donne de la largeur aux phrases, marque les appels du refrain et conserve cette projection qui a fait de lui l’une des grandes voix populaires palestiniennes de sa génération.

Lauréat de la deuxième saison d’Arab Idol en 2013, Assaf a construit une partie importante de son répertoire autour de chansons dans lesquelles l’interprète et le public peuvent se rejoindre. Sa maison de disques rappelle également son origine palestinienne et son parcours depuis cette victoire.

« Aalhela » poursuit cette relation au chant collectif, mais dans une production plus compacte. La structure va rapidement à l’essentiel et le refrain revient assez tôt pour pouvoir être mémorisé dès la première écoute.

Le folklore comme matière vivante

Le choix le plus intéressant du morceau réside dans son équilibre. Les signes du folklore sont facilement reconnaissables, mais ils ne sont pas enfermés dans une reconstitution historique.

La production adopte une finition actuelle : durée resserrée, transitions rapides, voix très présente et refrain conçu pour fonctionner aussi bien à la radio que dans une fête. L’esprit de la dabké demeure, sans imposer au titre une longue introduction ou un développement instrumental étendu.

Selon Mohammed Assaf, l’objectif était justement de conserver une âme arabe tout en proposant une formule proche du public actuel. Il explique avoir été attiré par la rencontre entre les images du patrimoine et une musique contemporaine qui ne ferait pas disparaître le caractère populaire du morceau.

Cette volonté est exprimée par l’artiste. En revanche, considérer « Aalhela » comme une réponse à l’uniformisation d’une partie de la pop arabe relève de notre lecture éditoriale. Le morceau montre néanmoins qu’une chanson moderne n’a pas besoin d’effacer ses références régionales pour rester accessible.

Un clip tourné dans une ferme équestre jordanienne

Le clip officiel, réalisé par Ra’fat Tbakhi, a été tourné dans une ferme équestre en Jordanie. Les paysages naturels, les chevaux et les séquences de danse installent une continuité visuelle avec les mots de la chanson.

Le cadre ne sert donc pas uniquement de décoration. La présence des chevaux renvoie directement à l’imaginaire des paroles, tandis que la dabké transforme le refrain en scène collective.

Pour Mohammed Assaf, ce tournage représentait plusieurs premières expériences : tourner un clip en Jordanie, jouer davantage devant la caméra et monter à cheval alors qu’il ne maîtrisait pas l’équitation. La cavalière Joud Jweihan, présente dans le clip, l’a accompagné pendant cette partie du tournage.

Ces informations éclairent certaines images sans obliger à y chercher un récit complexe. Le clip mise avant tout sur le charme, l’énergie et la complicité. Sa fonction est de prolonger l’atmosphère festive du morceau.

Une chanson naturellement adaptée à la radio

Avec sa durée d’environ trois minutes, son refrain rapide et son identité arabe clairement affirmée, « Aalhela » possède un format particulièrement adapté à une programmation généraliste consacrée aux musiques du monde arabe.

Le morceau peut trouver sa place à côté de la pop libanaise, des grandes voix palestiniennes et des chansons maghrébines festives. Ici, la tradition constitue le moteur principal de la chanson.

La réussite de « Aalhela » tient finalement à sa simplicité assumée. Mohammed Assaf utilise la force collective de la dabké pour construire un titre chaleureux, immédiatement identifiable et capable de provoquer le mouvement dès le premier refrain.

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Image mise en avant : visuel de la vidéo officielle du titre. Source du visuel.

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