Les Arabic Music Days reviennent au Pierre Boulez Saal de Berlin du 15 au 19 septembre 2026. Après dix années consacrées à différentes expressions musicales du Moyen-Orient, le festival élargit cette fois son écoute vers les relations entre les cultures africaines et arabes.
Sous la direction artistique de l’oudiste et compositeur irakien Naseer Shamma, cinq ensembles se succéderont pendant cinq soirées. Le programme réunit des artistes liés à l’Irak, au Soudan, au Mali, au Nigeria, au Soudan du Sud, à la Tunisie et au Maroc.
Ahmad Shamma et Al Multaqa ouvrent le festival
La première soirée, programmée le 15 septembre à 19 h 30, est confiée à Ahmad Shamma et l’Al Multaqa Ensemble. L’ensemble réunit des musiciens originaires d’Irak, du Mali, du Nigeria et du Soudan du Sud.
Le concert est annoncé comme une rencontre entre plusieurs héritages instrumentaux et rythmiques. L’objectif déclaré consiste à bâtir un langage commun sans effacer les différences. L’idée que cet équilibre sera pleinement atteint reste une attente critique : seul le concert permettra de l’évaluer.
Un orchestre construit autour de la rencontre
Al Multaqa se présente comme un orchestre harmonique afro-arabe. Son travail associe notamment le oud et différentes traditions orchestrales à des répertoires soudanais, arabes et africains. Cette démarche ne consiste pas seulement à juxtaposer des instruments : elle cherche à organiser leur rencontre au sein d’une même forme musicale.
On peut y entendre une remise en question des frontières souvent tracées entre « musique arabe » et « musique africaine ». Cette conclusion relève de l’analyse éditoriale ; l’origine internationale des musiciens et le positionnement afro-arabe de l’ensemble sont, eux, documentés.
Cinq soirées, cinq perspectives
- 16 septembre : Mazen El Bagir & Ensemble ;
- 17 septembre : Nuqoosh ;
- 18 septembre : Nasmāt Carthage ;
- 19 septembre : Jbara & Ensemble, avec le programme « Aman ».
Le chanteur et musicien marocain Jbara clôturera l’événement avec un dialogue entre traditions marocaines anciennes, rythmes et émotions contemporaines. Le passage d’un ensemble multinational à des programmes liés au Soudan, à la Tunisie ou au Maroc évite de présenter l’Afrique du Nord et le monde arabe comme un bloc uniforme.
Naseer Shamma en retrait de la scène
Naseer Shamma assure la conception artistique du festival, mais ne se produit pas pendant cette édition de septembre. Ce retrait donne davantage de place aux ensembles invités. L’affiche internationale ne garantit toutefois pas automatiquement un dialogue égal : la réussite dépendra de la place accordée à chaque tradition sur scène.
Une histoire musicale au-delà des frontières
Les routes commerciales, les migrations et les déplacements d’instruments ont créé des liens durables entre le Maghreb, le Sahel, la vallée du Nil, la péninsule Arabique et le reste du continent africain. Les instruments, les systèmes mélodiques et les rythmes ont voyagé et changé de forme au contact d’autres communautés.
À travers Ahmad Shamma, Mazen El Bagir, Nuqoosh, Nasmāt Carthage et Jbara, le festival propose cinq réponses à une même question : comment transmettre une mémoire musicale tout en la laissant circuler ?
Vidéo officielle
Cette vidéo du Pierre Boulez Saal présente l’histoire et l’esprit des Arabic Music Days. Il s’agit d’une archive de 2018, et non d’images des concerts 2026.
Sources : Pierre Boulez Saal — programme officiel ; Music In Africa — Al Multaqa.

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